Brexit et marché de l’énergie

Chaque jour, les analystes des marchés de l’énergie commentent, systématiquement et apparemment sans règles particulières, les mouvements et les perspectives des marchés (haussiers, baissiers ou stables) en relation avec les anticipations des modalités du BREXIT (mou, dur, semi-mou etc…). Ainsi, par exemple, tout développement négatif sur la perspective d’arriver à une sortie avec accord expliquera l’évolution haussière (respectivement baissière ou stable) du jour. Il en sera de même pour tout manque d’information ou de perspective nouvelle à ce sujet : l’incertitude autour du Brexit justifiera la tendance bearish (respectivement bullish ou stable) du jour !

Alors que nous écrivons ces lignes, la date fatidique du 29 mars est passée sans que le (mauvais) feuilleton ne soit arrivé à sa conclusion et tout porte à croire que de nombreuses « saisons » sont déjà en préparation. Faut-il pour autant différer davantage l’analyse de l’impact du Brexit sur les marchés de l’énergie ? Nous nous permettons sans plus attendre de partager avec vous quelques réflexions :

Tout d’abord regardons ce qui ne change pas ou peu :

  • Les tarifs douaniers :

En quittant l’Union Européenne, le Royaume-Uni quittera aussi son marché unique. Ce basculement ne devrait avoir que peu de conséquences pour l’énergie car l’électricité, le pétrole et le gaz naturel ne sont pas taxés dans le cadre des accords de l’OMC. L’essentiel est préservé !

  • Les interconnections :

RTE et la CRE ont pris les devants : à compter du 30 mars, toutes les allocations de capacités sont explicites. Ce changement en pratique ne concernera que les allocations journalières (les autres allocations se faisant déjà d’une façon explicite). Un changement qui ne devrait donc générer qu’une légère (imperceptible) désoptimisation et qui permettra de rémunérer une activité de trading additionnelle.

L’ETS (système Européen d’échange de quotas d’émissions de carbone), quant à lui, requiert comme toujours une attention particulière :

  • Curieusement, le projet d’accord de sortie prévoyait le maintien de la Grande Bretagne dans l’ETS. Ce ne serait donc plus le cas en absence d’accord. Cette incertitude est donc génératrice d’une forte volatilité car le système permet le « banking » (mise en réserve des allocations) et le « borrowing » (utilisation des allocations futures) ; Cette dernière option ayant été interdite aux émetteurs britanniques avec le gel des allocation 2019. La date des restitutions des quotas pour les émissions 2018 est le 30 avril 2019. En cas de sortie de l’ETS, l’effet banking aura un effet baissier, alors que l’impossibilité du borrowing aura un effet haussier (et inversement dans le cas du maintien de la Grande Bretagne dans l’ETS. Ou peut-être pas !)
  • Apparemment, alors que la date du 30 avril se trouve à priori au-delà de la date fatidique, les acteurs de marché ne semblent pas envisager le scénario radical où les industriels décideraient de ne pas restituer les quotas de 2018. Ce serait certes en contravention aux accords existants mais… (le cadre existant permettait le borrowing aussi).

Considérons maintenant les effets pour les politiques de l’Union Européenne :

Finalement c’est à ce niveau que les conséquences risquent d’être plus importantes. Après sa sortie de l’Union européenne, le Royaume-Uni ne pèsera plus dans les négociations pour la construction du marché intérieur de l’énergie, et l’Europe y perdra certainement une approche concrète et réaliste (non idéologique) de la libéralisation des marchés comme l’illustre ce bref rappel historique :

  • Si la Grande Bretagne avait été pionnière du mécanisme du Pool obligatoire (début des années 1990), elle n’a pas hésité à l’abolir en 2001 pour l’avoir jugé trop manipulable.
  • Jugeant que l’ETS ne permettait pas de favoriser la génération électrique par gaz naturel moins polluant (et souvent domestique) que par le charbon (toujours importé), un prix plancher du CO2 est instauré en 2013.
  • Généralisation des contrats pour différence pour la génération électrique bas carbone.
  • Engagement dans le nucléaire : Hinkley Point négocié en 2014-2015 avec contrat pour différence.
  • Politique pragmatique (et controversée) en faveur du gaz de schiste.
  • Lancement du marché de capacité en 2014.

Justement, la question du marché de capacité permettra à l’Union Européenne de se rappeler au bon souvenir des britanniques : alors que la mise en place de ce marché au Royaume Uni n’avait fait l’objet d’aucune objection de la part de la Commission Européenne le 23 juillet 2014, le tribunal de l’Union Européenne, par un arrêt le 15 novembre 2018 (et un sens aigu du timing), annule la décision de la Commission de ne pas s’opposer au régime d’aides instaurant un marché de capacité au Royaume.

Affaire à suivre (la Commission a ouvert une enquête approfondie sur le régime du marché de capacité britannique le 21 février 2019), mais entre-temps, la Commission Européenne continue de qualifier les mécanismes de capacités de subventions, le marché de capacité britannique est arrêté et, partant, la sécurité d’approvisionnement du Royaume-Uni compromise…

Philippe Boulanger

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Expérience professionnelle

Céline, jeune active dynamique, a fait ses premiers pas dans le monde du travail dans le domaine du tourisme en tant que community manager au Loups du Gévaudan, en Lozère. En rejoignant l’équipe HES en novembre 2021, elle a souhaité diversifier ses connaissances : se former dans le secteur énergétique, se spécialiser dans les stratégies marketing afin de développer les relations clients de l’entreprise ; tout en approfondissant ses compétences en coordination et gestion de projets.

Formation

Céline est diplômée d’une double licence Espagnole – Anglais en Langue, Littérature et Civilisation Etrangère à la Sorbonne IV (2018). Elle a aussi obtenu un Master II en Direction de Projets ou Etablissements Culturel, spécialité Tourisme International. Elle a également étudié à l’étranger, à University of London (Angleterre) et Universidad de Morón (Argentine).

Céline Haya Sauvage

Responsable Marketing

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« La décarbonisation des secteurs de l’énergie et des transports est sans doute aujourd’hui le principal moteur économique de l’industrie. »

Expérience professionnelle

Il a débuté sa carrière dans le génie civil en tant que chef de projet en France, en Martinique et en Australie. Par la suite, il devient directeur général d’une filiale au Venezuela. En 1992, il crée une filale pour Dalkia en Allemagne (chauffage urbain, cogénération et partenariats) et représente Véolia en Thaïlande. En 2000, il a ouvert le bureau commercial d’Endesa en France pour profiter de la libéralisation du marché de détail. A partir de 2006, en tant que responsable du développement chez Endesa France, il a dirigé le plan d’Endesa pour la production à cycle combiné gaz en France et a simultanément développé le portefeuille éolien et photovoltaïque de la Snet. Philippe Boulanger a ensuite travaillé pendant 3 ans au siège d’E.ON pour coordonner les activités de l’entreprise en France. Il a été fortement impliqué dans le projet français de renouvellement de la concession hydroélectrique. En tant que Senior Vice President – Project Director chez Solvay Energy Services d’avril 2012 à février 2014, il était en charge des projets de déploiement H2/Power to gas et d’accès direct au marché européen. Philippe est un expert pour HES depuis 2014.

Formation

Philippe Boulanger est ingénieur diplômé de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole Nationale des Ponts & Chaussées (France) et possède une expérience combinée de plus de 25 ans en énergie et infrastructures. En plus de l’anglais, M. Boulanger parle couramment le français, l’allemand et l’espagnol.

Philippe Boulanger

Electricity Expert

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« Le monde est en train de changer. De nouveaux investisseurs accordent une attention particulière au secteur de l’énergie alors que les acteurs historiques adaptent leur position sur le marché. »

Expérience professionnelle

Antonio a commencé sa carrière dans le secteur de l’électricité en 1991 en tant que membre de l’équipe du directeur général de Sevillana de Electricidad (Espagne). En 1997, il était responsable de la réglementation commerciale chez Endesa Distribution. En 2000, il rejoint le département M&A européen d’Endesa. Il a été nommé CEO d’Endesa Power Trading Ltd en 2003. En 2004, il devient Directeur de la gestion de l’énergie de la SNET (France) et en 2008, il est nommé Directeur Général de cette société. En 2009, il a occupé le poste de Directeur du Développement Entreprise d’E.ON France. En 2011, il a fondé Haya Energy Solutions (HES), une société de conseil qui aide les entreprises à optimiser leur chaîne de valeur : de la définition de la stratégie aux opérations quotidiennes, en s’appuyant sur une solide expérience et une bonne compréhension de l’industrie de l’énergie. De 2015 à 2018, Antonio a été Président de Celest qui opère 2 CCGT françaises (420MW chacune), détenues par KKR. Fin 2018, il rejoint Asterion Industrial Partners, un fonds d’investissement dédié aux infrastructures, en tant que partenaire opérationnel.

Formation

Ingénieur industriel de l’Ecole Supérieure d’Ingénieurs de Séville (Espagne) et titulaire d’un MBA de Deusto (Espagne).

Antonio Haya

CEO