Gaz : l’Europe est-elle prête à affronter l’hiver 2023/2024?

A la suite de l’attaque russe contre l’Ukraine en février 2022, les marchés européens du gaz ont connu une période de fortes turbulences. La crainte de stockages vides et de pénurie de gaz pour l’hiver 2022/2023 a propulsé les prix à près de 350€/MWh, à la fin du mois d’août 2022.

Un an plus tard, grâce à un recours massif au GNL en provenance des Etats-Unis, à de fortes réductions de la consommation (domestique et industrielle) et à un hiver doux, la situation semble être revenue à celle qui prévalait jusqu’à la mi-2021 – lorsque la Russie a commencé à réduire subrepticement ses livraisons de gaz à l’Europe, six mois avant son attaque contre l’Ukraine.

De nombreuses mesures ont été prises, tant au niveau de l’UE qu’au niveau national, pour se préparer à l’hiver prochain. Mais la situation est-elle aussi maîtrisée qu’il n’y paraît ?

Lancé en mai 2022, le plan REPowerEU a aidé l’UE à se préparer pour remplacer les importations de gaz russe (voir Newsletter de juin 2022 : REPowerEU : Les coûts « verts » et économiques sont-ils en jeu ?). Parmi ses principales réussites, l’UE a réduit sa dépendance à l’égard des combustibles fossiles russes, diminué sa consommation d’énergie de près de 20% (15% pour le gaz) et introduit un mécanisme de plafonnement du prix du gaz.

Depuis septembre 2022, le gaz russe ne représente plus que 8% de l’ensemble du gaz importé par pipeline dans l’UE, contre 41% d’importations russes dans l’UE en août 2021.

Une plateforme commune d’achat de gaz a été mise en place, ce qui a permis à l’UE d’attirer des offres de la part de 25 fournisseurs, en mai dernier, soit l’équivalent de plus de 13,4 milliards de mètres cubes de gaz.

Mais surtout, l’UE a décidé de remplir ses stockages souterrains de gaz à 90% de leur capacité d’ici le 1er novembre de chaque année. L’atteinte de cet objectif est en bonne voie avant l’hiver prochain :

Suivi des perspectives d’approvisionnement saisonnières – Source ENTSOG

Cela suffira-t-il ? Il est peu probable que la consommation de gaz continue à baisser comme l’année dernière – la consommation de gaz dans l’industrie a été fortement touchée en raison de l’anticipation de prix élevés, et l’hiver a été doux. Un hiver froid serait une mauvaise surprise.

Le niveau de la demande de gaz pour la production d’électricité jouera également un rôle important – l’hiver dernier, l’indisponibilité du parc nucléaire français d’EDF a aggravé les problèmes. Et, il y a encore 22 réacteurs indisponibles, à l’heure actuelle, sur les 56 exploités par EDF.

Du côté de l’offre, de nouveaux terminaux GNL seront mis en service cet hiver, à commencer par l’installation de stockage et de déchargement flottante de gaz de TotalEnergies au Havre, prévue pour septembre.

Cependant, les prix du GNL sont internationaux et dépendent de l’appétit pour le gaz dans d’autres parties du monde, en particulier en Asie. La Chine connaît actuellement une reprise économique stimulée par la fin des restrictions de la Covid, mais elle semble encore quelque peu fragile. Le degré de cette reprise jouera un rôle important dans le niveau des prix du GNL.

L’Europe est également extrêmement dépendante des importations de gaz norvégien. Des problèmes à l’usine de GNL norvégienne de Snøvit, ainsi que des travaux de maintenance sur des installations de production de gaz sur le plateau norvégien, ont récemment conduit à des restrictions des flux de gaz vers l’Europe, déclenchant une remontée des prix du gaz. Cela nous rappelle à quel point l’Europe est exposée au moindre incident dans ce pays, pour remplacer le gaz russe.

Enfin, au niveau français, l’interruption des importations de gaz russe depuis l’été dernier a donné lieu à une carte des flux gaziers jamais anticipée auparavant :

Carte des flux gaziers – Source GRTgaz

Les restrictions de flux sont désormais observées dans la direction du sud-ouest vers le nord-est, alors que les limites de congestion du réseau se produisaient auparavant dans le sens inverse. Une gestion prudente des soutirages de gaz en stock devra être mise en œuvre afin de préserver les réserves de gaz dans les stockages du nord, tout en maximisant les retraits dans le sud-ouest.

Globalement, un maximum de précautions a déjà été pris pour se préparer à l’hiver prochain, mais beaucoup reste encore à faire. Il n’y a pas de filet de sécurité et le moindre problème imprévu du côté de l’offre, comme par exemple des perturbations en Norvège, un déplacement du GNL vers l’Asie, ou du côté de la demande, comme par exemple un hiver très froid, une forte demande de gaz pour la production d’électricité pour compenser la production nucléaire, pourrait entrainer de forts mouvements des prix. Il est fort probable que les prix du gaz connaîtront, à nouveau, une importante volatilité cet hiver… malheureusement !

Philippe Lamboley

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Expérience professionnelle & Education

Diego est diplômé en Sciences Politiques de l’université King’s College (Londres – 2021). Il a débuté sa carrière professionnelle dans une entreprise familiale à Madrid en tant que responsable des opérations. Par la suite, Diego a suivi un double programme en niveau master en Gestion et en Informatique à l’IE Universidad (Madrid – 2022), au cours duquel il a réalisé son stage en informatique dans une startup. En mai 2023, Diego a rejoint l’équipe de HES en tant que stagiaire spécialisé dans la programmation de modèles. Pour son premier projet, il a développé un outil logiciel afin de modéliser l’indisponibilité du parc nucléaire français. Par la suite, Diego a été impliqué dans le développement de nouveaux outils logiciels pour modéliser les courbes de prix, la performance des actifs de production et d’autres sujets liés au secteur énergétique. Depuis janvier 2024, Diego est en contrat indéfini chez HES. 

Diego Marroquín

Consultant Junior

Haya Energy-6

Expérience professionnelle

Céline a rejoint l’équipe de Haya Energy Solutions en novembre 2021 en tant que responsable du marketing et de l’administration. Lors de sa première expérience professionnelle, dans le secteur du tourisme, elle exerça en tant que managerdes réseaux sociaux. Chez HES, ses missions participent au développement de notoriété et de visibilité de l’entreprise au niveau européen au travers d’actions commerciales (relations avec le client), marketing de contenu et développement de la stratégie de marque. Céline est également impliquée dans la gestion de la communication de l’entreprise : création et optimisation du site internet (WordPress & Elementor), LinkedIn, envoie de la newsletter mensuelle et organisation de conférences. De plus, Céline est impliquée dans les projets énergétiques avec les clients et agit en tant que coordinatrice de projets ou cheffe de projet. Enfin, elle est en charge de l’administration de l’entreprise (comptabilité, gestion des frais, facturation). 

Formation

Céline est diplômée en LLCER langues espagnole et anglaise à La Sorbonne (France – 2018) et est titulaire d’un Master en gestion de projets et tourisme culturel (Clermont-Ferrand/ Buenos Aires – 2021).     

Céline Haya Sauvage

Responsable Marketing

Céline Sauvage

Conseil en investissement

« La décarbonisation des secteurs de l’énergie et des transports est sans doute aujourd’hui le principal moteur économique de l’industrie. »

Expérience professionnelle

Il a débuté sa carrière dans le génie civil en tant que chef de projet en France, en Martinique et en Australie. Par la suite, il devient directeur général d’une filiale au Venezuela. En 1992, il crée une filale pour Dalkia en Allemagne (chauffage urbain, cogénération et partenariats) et représente Véolia en Thaïlande. En 2000, il a ouvert le bureau commercial d’Endesa en France pour profiter de la libéralisation du marché de détail. A partir de 2006, en tant que responsable du développement chez Endesa France, il a dirigé le plan d’Endesa pour la production à cycle combiné gaz en France et a simultanément développé le portefeuille éolien et photovoltaïque de la Snet. Philippe Boulanger a ensuite travaillé pendant 3 ans au siège d’E.ON pour coordonner les activités de l’entreprise en France. Il a été fortement impliqué dans le projet français de renouvellement de la concession hydroélectrique. En tant que Senior Vice President – Project Director chez Solvay Energy Services d’avril 2012 à février 2014, il était en charge des projets de déploiement H2/Power to gas et d’accès direct au marché européen. Philippe est un expert pour HES depuis 2014.

Formation

Philippe Boulanger est ingénieur diplômé de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole Nationale des Ponts & Chaussées (France) et possède une expérience combinée de plus de 25 ans en énergie et infrastructures. En plus de l’anglais, M. Boulanger parle couramment le français, l’allemand et l’espagnol.

Philippe Boulanger

Electricity Expert

HES-Philippe-Boulanger

« Le monde est en train de changer. De nouveaux investisseurs accordent une attention particulière au secteur de l’énergie alors que les acteurs historiques adaptent leur position sur le marché. »

Expérience professionnelle

Antonio a commencé sa carrière dans le secteur de l’électricité en 1991 en tant que membre de l’équipe du directeur général de Sevillana de Electricidad (Espagne). En 1997, il a été nommé responsable de la réglementation commerciale chez Endesa Distribución. En 2000, il rejoint le département des fusions et acquisitions d’Endesa Europe. En 2003, il est nommé directeur général d’Endesa Power Trading Ltd (UK). Un an plus tard, il devient responsable de la gestion de l’énergie à la SNET (France). En 2008, il est nommé directeur général de la SNET (France). En 2009, il devient directeur du développement de l’entreprise chez E.ON France. En 2011, il fonde Haya Energy Solutions (HES), un cabinet de conseil axé sur l’optimisation de la gestion énergétique des consommateurs, des producteurs et des fournisseurs de gaz et d’électricité. De 2015 à 2018, Antonio a combiné son activité de conseil chez HES avec la direction générale de 2 sites de production en France (2 CCGT x 410MW), détenus par KKR. Fin 2018, il a rejoint Asterion Industrial Partners, un fonds d’investissement dans les infrastructures, en tant que partenaire opérationnel. Antonio consacre, actuellement, l’essentiel de son temps au portefeuille d’Asterion, tout en conseillant, par l’intermédiaire de HES, des entreprises du secteur de l’énergie en France, en Italie, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Espagne. 

Formation

Antonio est diplômé de l’Ecole Supérieure d’Ingénieurs de Séville (Espagne) et est titulaire d’un MBA de Deusto (Espagne). 

Antonio Haya

CEO

Antonio Haya